Le Bonheur, c’est la simplicité!

Le bonheur c'est la simplicité

En début d’année, nous faisons souvent des résolutions et nous nous fixons des objectifs afin d’améliorer notre qualité de vie, notre situation familiale ou au travail, augmenter notre salaire annuel ou implanter des changements qui seront bénéfiques.

Étant une entrepreneure et travaillant dans une entreprise de services funéraires, tous les jours, je côtoie l’humain en crise ou en situation de changement intense, parce qu’un proche est en fin de vie ou un ami intime est mort. En choisissant ce métier et créant mon entreprise, j’ai fait le choix que ma vie personnelle serait en étroite relation avec mon travail, ma mission, donc faisant partie de mon style de vie et une façon de vivre.

J’aimerais partager avec vous mes découvertes des dernières années qui m’ont aidé à vivre pleinement chaque jour malgré les demandes imprévisibles et constantes de mon domaine de travail, tout en prenant soin de ma famille.

Pour moi, le bonheur se trouve dans le moment présent. J’essaie de trouver la joie dans tous ces petits moments qui font en sorte que la vie est plus douce. Avant même que je sois introduite aux principes de pleine conscience, ayant grandi à la campagne, je m’inspirais de la beauté de la nature en toute plénitude. Il m’arrive souvent de prendre une pause au travail pour regarder la forme des nuages et leurs mouvements. Durant la saison froide, j’ai une fascination pour la cristallisation qui se forme à la surface des étangs et qui se transforme d’heure en heure. C’est une œuvre d’art naturel! Dans l’érable dénudé de ses feuilles, en reste quelques-unes qui y sont restées attachées, dansant dans le vent. L’écureuil y cache ses butins. Même en ville, notre environnement est rempli de beauté qui aide notre cerveau à se ressourcer. Une citation de Lao-Tseu, le père du Taoïsme, nous rappelle que « la nature ne se presse pas, pourtant tout est accompli. »

Pour moi, le bonheur, c’est d’avoir la force de dire non avec diplomatie, mais de manière à se faire comprendre. Avec des adolescentes à la maison, n’ayant pas toujours un moyen de transport, je me retrouve souvent comme taxi pour les conduire à leurs activités sportives, culturelles et sociales. Ce sont des moments privilégiés passés avec ma progéniture où nous pouvons discuter tranquillement et régler bien des problèmes, mais ces déplacements peuvent gruger considérablement sur mon horaire. En famille, nous avons déterminé des temps où le transport n’est pas disponible afin que les parents aussi puissent avoir du temps libre. Au travail, dire non est surtout par rapport à certains comportements d’autrui qui ont une incidence d’empiètement sur mon horaire et qui affectent ma productivité et la productivité générale de l’équipe. Cela implique de déterminer avec nos clients le temps que nous pourrons passer avec eux lors de rencontre de planifications funéraires ou pour des demandes d’informations. En équipe, le matin, nous faisons toujours une réunion d’une quinzaine de minutes pour planifier notre journée et raconter des anecdotes. Nous refaisons cette pause à la mi-journée et avant de quitter afin de faire des mises à jour et d’allouer les tâches et rendre tout le monde productif.

Pour moi, le bonheur, c’est d’éliminer le superflu. Ça commence par désencombrer mon espace de vie à la maison et au travail. Ce n’est pas toujours facile de maintenir cette discipline, mais j’essaie de ranger mes choses au fur et à mesure pour ne pas devoir constamment à faire une corvée de rangement. Je garde des dossiers bien rangés pour mes documents importants. Pour tout ce qui est courant, comme les factures et les correspondances à gérer, j’ai un dossier actif pour chacun et à l’agenda, j’alloue des moments dans la semaine pour les traiter et les ranger.

Pierre-Yves McSween a écrit le livre parfait : « En as-tu vraiment besoin? » Avant de faire un achat ou faire entrer un bien à la maison, je me pose cette question. Je l’applique également à mes habitudes d’achat alimentaires. Il est facile de remplir le frigo et de gaspiller. Si je n’ai pas le temps de transformer mes aliments en repas, je réduis la quantité d’aliments frais lors de ma visite hebdomadaire et je retourne à l’épicerie au besoin.

Chaque saison, en famille, nous passons à travers nos garde-robes et éliminons les vêtements que nous ne portons plus ou qui sont hors style. Ça nous permet de faire l’inventaire de ce que nous avons à porter pour la nouvelle saison et nous donne l’occasion de planifier l’achat de quelques vêtements ou accessoires pour mettre un peu de piquant dans nos vies.

Dans notre garage, je garde des boîtes pour y mettre des items à donner et d’autres à vendre. Il y a des sites comme VarageSale et Kijiji qui sont fantastiques pour vendre nos biens de valeur. Des endroits comme la Boutique d’occasion Nova, Centre d’action bénévole L’Actuel ou Renaissance reçoivent tout item pour les vendre à prix réduit et générer du revenu pour le redonner à la communauté. Au printemps, les ventes de garage communautaires sont des moments privilégiés où nous pouvons également vendre nos biens accumulés tout en socialisant avec nos voisins. C’est un sentiment de pure liberté quand nous pouvons circuler librement dans le garage!

Pour moi, le bonheur, c’est de me sentir dans une zone de productivité, où tous mes sens sont en éveil afin que je puisse donner le meilleur de moi-même et sentir en moi la flamme de la satisfaction du travail accompli. J’ai remarqué que tôt le matin est un moment propice à la créativité et où je suis en mesure de me concentrer. J’en profite pour faire toutes mes tâches que j’appelle de 2e étage, lorsque mon cerveau travaille avec efficacité. En après-midi, je fais du travail plus manuel.

J’aime beaucoup travailler avec des listes de tâches en lien avec mon agenda. J’ai des listes de tâches personnelles et d’autres professionnels que je classe en fonction d’importance et d’urgence. Lors d’une formation avec l’équipe de consultants de Bell Nordic, un des trucs qui m’avait été donné pour sentir que j’avance dans mes projets est de surligner les tâches plutôt que de les biffer. Ça me permet de voir mon niveau d’efficacité et d’accomplissement.

Lorsque je suis en congé, dans ma liste, j’inscris mes moments de repos également, les périodes où je prends soin de moi, comme prendre un bain, lire quatre chapitres de mon livre, de regarder une émission favorite ou faire une sieste au soleil. Sinon, il est facile d’oublier que c’est également une tâche importante.

Voici mes conseils pour travailler efficacement avec mon agenda et mes listes :

  • Travailler à l’aide d’un agenda et aide-mémoire (« To-Do »)
    • Éviter de surcharger son agenda.
    • Planifier les rendez-vous en y ajoutant quelques minutes afin de contrer les retards possibles et vous permettre d’accomplir certaines tâches reliées au rendez-vous qui vient de se terminer et préparer le suivant.
    • Prendre l’habitude d’indiquer aux personnes à rencontrer combien de temps vous êtes prêt à lui consacrer.
    • Planifier les déplacements dans votre agenda, afin de ne pas toujours être à la course et pour indiquer aux membres de l’équipe que vous serez en transit.
    • Si certaines tâches peuvent être faites à l’avance afin d’alléger le fardeau, faites-le. Un exemple, lorsque mes enfants étaient plus jeunes, je leur demandais de toujours ranger leur matériel scolaire et préparer leur sac à dos avant d’aller au lit. Le lendemain matin, nous n’avions pas à chercher pour un livre manquant alors que l’autobus arrivait à l’arrêt.

Pour moi, le bonheur, c’est aussi apprendre à gérer mon stress pour ne pas le laisser prendre le dessus et contrôler ma vie. Voici ce que je fais presque tous les jours pour améliorer ma qualité de vie.

Activités physiques : les bienfaits sont le maintien d’un poids santé et de la masse musculaire. Elle permet de réduire les risques de blessures, l’augmentation de l’énergie, oxygénation de notre système, production des hormones de plaisirs et de relaxation. Être actif, crée un état de bien-être général.

  • Au moins 30 minutes de moyenne à haute intensité cardiovasculaire – marche rapide, course, vélo, natation, monter les escaliers, sexe, etc.
  • De 15-20 minutes de musculation – redressements assis, la chaise, soulever des poids, exercices pour le dos, se soulever sur la pointe des pieds, etc.
  • Étirements ou exercices de yoga.
  • Avec ma vie occupée, j’ai dû combiner mes périodes d’activités physiques en des tâches pratiques comme pelleter, faire du jardinage, laver les voitures, soulever des cercueils, monter des salles pour les évènements, passer l’aspirateur, faire du ménage. Ça fait partie de mon entrainement! Quand j’ai plus de temps, la marche en montagne est une de mes activités favorites.

Bien m’alimenter :

  • Je suis le guide alimentaire canadien et je fais attention à mes portions. Je mange en fonction de mes besoins d’énergie.
  • Je bois un ou deux cafés le matin, par la suite, seulement de l’eau ou des tisanes. J’ai réduit considérablement ma consommation de caféine, de boissons gazeuses, de jus et d’alcool. J’aime prendre un verre de vin avec mon souper ou une bière après une journée de travail intense. J’espace désormais mes consommations, je ne bois pas d’alcool tous les jours, car je dors mieux et je me sens rafraichie à mon lever. De plus, lorsque je m’entraine, je n’ai pas le goût d’alcool, ce qui réduit ma consommation.
  • Je mange un morceau de chocolat, de préférence noir, TOUS LES JOURS.
  • Je m’amuser à préparer les repas. C’est une grande source de bonheur pour moi de cuisiner des plats appétissants pour ma famille et des collations nourrissantes pour les lunchs.
  • J’aime déguster mes repas en bonne compagnie, que ce soit avec ma famille, des amis, des collègues, et parfois une émission de radio. Pour bien digérer, j’essaie de garder les conversations neutres ou positives. Ça, ce n’est pas toujours facile…

Faire au moins une pause d’introspection durant la journée

  • Pour certains, la méditation et la prière font partie de leur moment d’introspection journalière. Ce qui fonctionne le mieux pour moi est de m’arrêter quelques minutes, et de penser à ce que je fais, mais surtout à ce que j’envisage, comment je veux maintenir ou transformer les choses autour de moi. Mes pensées sont presque toujours orientées vers l’action ou l’inaction quand c’est la meilleure approche face à une situation.
  • L’écriture est également une source de réconfort. Des fois, je vais écrire une liste de toutes mes frustrations. Par la suite, une liste de toutes les choses pour lesquelles j’éprouve de la gratitude. Ça m’aide à relativiser et à réaliser qu’il y a plus de positif que de négatif, et si c’est le contraire, ça me permet d’agir sur les irritants pour les transformer de manière constructive.
  • Durant les services funéraires, que ce soit à l’église, en notre salon ou ailleurs, il y a souvent des moments où je suis en attente. J’en profite pour faire le point avec moi-même, où j’en suis dans ma journée, dans ma semaine, dans ma vie en général. Lorsque je retourne à la maison après une journée de travail ou sur la route entre deux évènements ou rendez-vous, sans même m’en rendre compte, mon cerveau fait du classement de ce que j’ai vécu durant la journée. Mes bons coups et les points à améliorer. Mes sentiments face à l’expérience avec les clients que j’ai servis. Métaphoriquement, je prends tout ça, je le mets dans un petit baluchon et je l’envoie dans l’univers. Ça me libère d’une charge et je confie tout ça à une autre dimension qui pourra aider les endeuillés.

Rire et m’amuser

  • Selon plusieurs études, le rire produit les mêmes effets que l’activité physique en plus de créer une atmosphère des plus plaisantes. Il augmente la productivité et la créativité. Il aide à dédramatiser les situations difficiles et encourage ceux et celles qui nous entourent à rire et s’amuser.
  • Contrairement à ce que la majorité peut penser, travailler dans le domaine de la mort n’est pas morne et déprimant. Nous vivons des moments de grands rires et de joie avec les familles que nous servons. Car la vie est faite de moments tristes et des moments heureux. Je remercie nos clients de me permettre d’être moi-même et de ne pas devoir porter un masque. Tout en respectant mon rôle professionnel, je me permets d’être émue et verser une larme quand j’entends des témoignages touchants, mais je me sens libre de rire avec eux lorsqu’ils me racontent des histoires de famille. Entre collègues, nous avons également plusieurs moments dans notre journée pour nous dilater la rate.

Enfin, pour moi, la clé qui me permet de continuer tous les jours de travailler auprès des endeuillés et des personnes décédées est de me dire que je fais une différence dans la vie de ces gens et que c’est parfois dans les petits gestes anodins qu’on y arrive. C’est aussi de remercier une collègue de travail pour avoir géré une situation difficile avec brio, et lui dire à quel point je suis chanceuse de travailler avec elle. C’est la même chose avec mon mari, c’est de passer ma main dans ses cheveux ou déposer un doux baiser sur son cou qui change sa journée. C’est de faire un déjeuner spécial à mes filles ou leur texter un message d’encouragement ou de remerciement. C’est d’appeler mon père âgé et le sortir de sa grisaille en lui racontant une histoire qui m’est arrivée ou le remerciant de m’avoir donné la vie. C’est de faire des « farfeluteries » avec mes sœurs, comme inventer des mots qui nous appartiennent. C’est de me retrouver avec ma grande famille pour une activité et voir mes neveux et nièces grandir et devenir des adultes responsables, et de savoir qu’il y a un peu de moi en eux et d’eux en moi.

Maurice Carême a écrit un poème qui s’intitule, « Le bonheur est tout petit. » Je vous laisse avec une des strophes qui m’inspirent : « Le bonheur est là, à côté de nous, et on passe sans le voir, car le bonheur est tout petit. Il ne se cache pas, c’est là son secret. »

Bonne année 2020!

 

Stéphanie Côté, Présidente et thanatologue

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8 commentaires

  1. Monique Seguin

    27 janvier 2020 à 10:16 am

    Merci Stéphanie

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    • SYLVIE BELANGER

      28 janvier 2020 à 8:24 am

      Bien inspirant! Au plaisir de te lire à nouveau.

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      • Stéphanie Côté

        31 janvier 2020 à 6:55 am

        Merci Sylvie. Je vais continuer à écrire et j’espère que ce sera autant inspirant.

        Répondre
    • Stéphanie Côté

      31 janvier 2020 à 6:54 am

      Monique, c’est moi qui te remercie d’avoir pris le temps de lire et commenter mon blog.

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  2. Monique Renaud

    27 janvier 2020 à 10:37 am

    Bravo, chère Stéphanie, pour ces belles pensées sur le bonheur. Tu es très inspirante et ce fut “un bonheur” de te lire.

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    • Stéphanie Côté

      31 janvier 2020 à 6:56 am

      Merci Monique. Je suis contente de t’avoir apporté un peu de bonheur.

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  3. Monika Schmitz

    27 janvier 2020 à 6:34 pm

    Merci Stéphanie!

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    • Stéphanie Côté

      31 janvier 2020 à 6:57 am

      Monika. Merci pour ton commentaire. Je suis contente que tu aimes…

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